Chronique de Missnefer, Blogueuse Littéraire

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  • Je remercie Rebecca Di Giusto, qui m'a contactée, via le le blog, pour me proposer ce SP en échange d'une chronique et ce, en avant première, vu que le roman ne sera disponible qu'en février.

    C'est toujours un plaisir pour moi de découvrir de nouveaux auteurs, français de surcroît. J'ai donc accepté, sans aucune hésitation, de me lancer dans l'aventure, d'autant plus qu'un voyage en Australie, pays qui me fait rêver, se profilait à l'horizon.

    Je dois avouer que je ne sais pas du tout dans quelle catégorie classer ce roman : autobiographie, fiction ?

    La narratrice, Rebecca, son nom est cité, donc l'auteure, c'est ce que je présume, nous raconte sa rencontre avec Françoise, française expatriée en Australie pour y suivre son mari, originaire du pays. Rencontre fortuite alors que le couple Rebecca/Patrick s'installe pour une année sabbatique sur le continent Australien. D'emblée on l'envie un peu de pouvoir mener cette vie-là.

    Très rapidement Françoise prend la parole pour nous faire partager son aventure personnelle, et des tranches de vie tantôt tristes, tantôt gaies. Nous remontons avec elle dans le passé de sa famille, teinté de secrets, et de ses propres malheurs. Les femmes sont au centre du sujet, toujours. Une répétition d’événements qui collent à la peau des descendantes, et je n'ai pu m’empêcher de songer à la psychogénéalogie, alors que les protagonistes abordent le bienfait de la psychanalyse.

    Des épreuves vécues, Françoise en ressort grandie. Une belle leçon de vie pour le lecteur, car le récit (véridique ou fiction, ou un peu des 2 ?) du quotidien de cette femme ressemble à une histoire vraie. Chacun peut s'identifier aux personnages et trouver le réconfort et la force d'avancer tant l'approche est réaliste. Après tout ne dit-on pas : Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ?

    Sauf que, ce n'est pas forcement toujours le cas, tant chaque individu vivra différemment ses épreuves, rendant responsables les autres de ses souffrances, s'enlisant quotidiennement jusqu'à s'aigrir et éloignant les autres de cette ambiance nocive et toxique. C'est une réalité. Rebbeca di Giusto n'invente rien. Elle nous pousse à réfléchir.  Cette approche philosophique de la vie, fait écho en moi en raison de mon propre vécu, de mes réactions personnelles. C'est pourquoi, je pense, je me suis passionnée pour cette aventure.

    De plus, l'auteure, en parallèle au récit, nous fait part des sentiments de la narratrice principale ,( elle ?) et nous fait voyager, soit à travers le récit de Françoise, soit le sien. Toutes les 2 s’émerveillent des beautés de la nature et de ses bienfaits,  dénonce un matérialisme qui  nous attache aux objets plutôt qu'aux choses essentielles. 

    C'est donc avec beaucoup de poésie que l'auteure nous décrit, paysages, faune, flore d' Australie, mais aussi d'autres territoires que les protagonistes ont visité. Mais Rebecca s’attache également aux modes de vie, aux cultures parfois si différentes d'un pays à l'autre. Le comportement humain quant à lui, ne vari pas d'un continent à l'autre.

    J'avoue avoir été surprise du portrait  des Australiens brossé à travers les mots de Françoise. L'empreinte Anglaise me semblait évidente, le rapport avec les Aborigènes et leurs conditions de vie également. Pas d'étonnement de ma part, toujours le même sentiment de révolte en songeant à ce qu'est devenu ce peuple. C'est quelque chose qui m'émeut personnellement. Mais découvrir que l'apparence décontractée et aimable de la jeunesse Australienne n'est qu'une image de carte postale, m'a prise de court. Certes l’alcoolisme et la drogue est un fléau dans tous les pays du monde, mais je ne m'attendais pas à ce qu'elle modifie autant l'image que nous donne Françoise avec un peuple insouciant irresponsable et peu engagé dans la vie, toujours aussi raciste envers les hommes de couleur (cf anecdote narré par Rebecca). Un contraste frappant avec la tolérance religieuse mentionnée par l'auteure.

    Cependant en parallèle Rebecca di Giusto nous présente un pays où il fait bon vivre, à l'ambiance festive et conviviale, faite de soirées, de sorties et de spectacles. Un pendant plaisant d'un pays où vivre est,  néanmoins, onéreux, les locations rares, les prix prohibitifs, sujet à une immigration asiatique, un pays sous-peuplé au vu de l’étendue de son territoire.  

    Un roman donc pédagogique, mais aussi le récit d'une histoire d'amitiés, parfois indéfectibles, d'amour, de désillusions, de rencontres qui vous marquent à jamais, laissant une empreinte sur votre âme ,quelque soit le temps passé avec la personne croisée au détour d'un chemin. Mais surtout un leçon de vie dans laquelle l'espoir prend toute la place. Sans oublier la part de positivisme primordial pour avancer dans la vie, l'importance de connaitre son passé, ce patrimoine génétique, avec lequel il faut composer et surtout, ne jamais oublier que l'on est maître de son destin.

    Un roman plein de charme écrit dans un langage poétique, qui se lit avec plaisir, riche en enseignements. On s'étonne parfois, devant la richesse du vocabulaire de l'auteure, de croiser en cours de route quelques coquilles orthographiques sur des mots si ordinaires.

     Presque un coup de cœur. Certains passages sont trop digressifs avec trop de détails sur les paysages, faune flore et autres, cassant ainsi un peu le rythme, alors que l'on est pendue aux lèvres de Françoise dans l'attente de la suite de ses aventures. De plus je suis assez déconcertée par le temps verbal utilisé dans les retours en arrière, que je n'ai pas toujours trouvé adapté et qui a également un peu perturbé le tempo.

    Cependant Rebecca di Giusto est une auteure à découvrir. Elle nous promène dans son univers et nous fait danser au rythme des saisons. Le parallèle  est très adapté, nous oscillons entre été, hiver, automne et printemps au gré de nos épreuves, de joies et de nos renaissances. 

     

     

    Danser au rythme des saisons SP

    Danser au rythme des saisons SPL'auteure : 

    Nationalité : 

    Biographie :

    D'origine camerounaise, Rébecca Edimo Di Giusto est arrivée en France à la fin des années 90. Passionnée de voyages, de civilisations et aussi d’idiomes, elle va à la rencontre de peuples, de langues, de cultures nouvelles à travers ses explorations. L'aventurière ouvre alors sa malle aux souvenirs souvent tendres, parfois durs mais toujours émouvants, pour  partager avec nous les anecdotes et les embûches de ses longs séjours dans divers continents.Ses Récits d'Aventures, sont bien plus que des Carnets de Voyages, car à travers des événements sociaux ainsi que des expériences personnelles, avec une précision extrême et honnête, l'auteure se livre à une réflexion approfondie des maux de la société, transformant ainsi ses Récits de Vie, en une passionnante littérature proche de l'Essai. Outre les voyages, les sujets favoris de Rebecca Edimo Di Giusto s'articulent autour des questions existentielles telles: comment donner du sens à vie et être heureux, comment se retrouver soi afin de sLa parenthèse 'ouvrir aux autres, l'art de positiver et de relativiser les aléas de la vie.


    En savoir plus : https://www.rebecca-edimo-di-giusto.com/

     

    La parenthèse : 

     Ce livre est riche en enseignements et pousse à la remise en question. Chaque lectrice y retrouvera une part d'elle même, se souviendra de ses propres chutes et combien il est important de relativiser dans la vie. 

    PS : J'attends avec beaucoup de curiosité que l'auteure me dise quelles sont les part d'autobiographie et de fiction.

     

    Extraits citations 

     

    "Nous ne savions pas que l'amour au début est ardent, puis il grandit, devient mur, solide, réfléchi, il se pose et s'élève alors."

     

    " Car s’était avec Samuel que j'avais compris  que le véritable amour, c'est celui qui se construit dans le temps, et non celui qui se répète à l'identique comme on le souhaite dans le fantasme"

     

    " C'est ce qu'il a de pire dans un deuil : découvrir  ce qu'une relation aurait pu vous apporter si seulement vous aviez été capable de lui donner toute sa dimension."

     

    "car l'homme est le même partout. Chaque homme naît, vit et meurt. Chacun aime, souffre, rit et pleure, dans tout les endroits du monde. La différence en fait, ce sont les singularités par rapport à l'autre."

     

    © R. Di Giusto

     

     


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